On raconte qu’il y a des années de cela, le pays dans lequel nous vivons comptait de nombreuses cités et villes prospères. On dit que les peuples à l’époque avaient des connaissances bien plus avancées, aussi bien en science que dans les domaines de la culture et de la diplomatie. Il est cependant impossible de le savoir avec certitude, car les faits sont contradictoires à ce sujet. Il est vrai que notre terre recèle de merveilles, de grands bâtiments et des vestiges d’anciens outils que l'on retrouve de temps à autres. Mais les cultures qui les ont créés ont quant à elles bel et bien disparu. Aucun ancien n’a survécu pour nous parler de leurs cités ou pour nous montrer comment utiliser leurs outils. On y voit là comme en toute chose l’œuvre d’Edalirin.
Dans ces écrits, nous aborderons les us et coutumes des habitants des terres saintes dont les noms ne seront pas retranscrits par écrit, mais que chaque adorateur d’Edalirin connaît. Nous allons vous conter la légende de ceux qui osèrent vouer un culte aux dunes du désert, qui connaissent la valeur de la vie et des légendes, et qui rendent hommage au Sacré à tout moment de leur vie. On voit dans ce récit comme en toute chose l’œuvre d’Edalirin.
Le début des temps.
Surric était le nom d’un homme parmi les plus nobles de ceux qui firent paître leur troupeau aux abords de la Terre Sacrée. Lui et ses fils gardaient un grand troupeau, pendant que leurs femmes et leurs filles, honorables et fidèles, tissaient la laine en vêtements, fabriquaient des fromages et récoltaient les fruits de la terre. Lors d’une conversation avec ses voisins, Surric entendit parler d’un peuple vivant dans le désert qui manquait de nourriture et d’abris alors qu’ils possédaient de grandes richesses en minerais et en métaux. C’est ainsi que Surric décida d’emmener sa famille et ses fils à la rencontre de ce peuple pour échanger ses biens contre les leurs. On y voit là comme en toute chose l’œuvre d’Edalirin.
La famille de Surric plia ses tentes, remplit ses gourdes d’eau, réunit ses affaires, ses biens et les bêtes les plus résistantes de leur troupeau et se mit en route pour le désert. Dans un premier temps, le voyage fut difficile, mais Surric exhorta sa famille en leur rappelant le bénéfice qu’ils tireraient d’un commerce avec les peuples du désert et que chaque pas en avant était une nouvelle leçon de vie. La famille poursuivit sa route avec courage parmi les dunes et les roches escarpées jusqu’à ce que les fils de Surric commencent à se plaindre entre eux avec colère. « Père nous a trompés », se plaignaient-ils. « Nous allons mourir dans ce désert et notre famille et notre troupeau subiront le même sort. » Mais aucun n’était assez courageux pour faire face à leur Père et ils continuèrent donc à se plaindre entre eux tout en se contentant de lutter pour survivre. On y voit là comme en toute chose l’œuvre d’Edalirin.
C’est alors que la principale femme de Surric, Nayyir, entendit les plaintes. Elle avait enfoui ses peurs dans sa confiance, mais les paroles de ses enfants commencèrent à la faire douter. Elle se réunit avec eux et leurs femmes et ils se mirent d’accord qu’il fallait soit convaincre Surric de changer d’idée et le faire rentrer chez eux avec eux, soit ils devaient le laisser mourir dans sa folie et retourner sur les terres plus accueillantes d’où ils venaient. Nayyir leur conseilla tout d’abord de garder confiance, mais après de longs jours de voyage à tourner en rond dans le désert, avec l’eau qui se raréfiait dans les outres et avec les bêtes du troupeau qui mourraient le long du voyage, elle n’arrivait plus à croire que la voie prise par Surric était la bonne. Elle alla voir son mari durant la nuit, ses cheveux flottant librement au vent, et lui demanda de rentrer chez eux pour ne pas mener la famille à sa perte. On y voit là comme en toute chose l’œuvre d’Edalirin.
Surric se mit en colère en entendant les paroles de Nayyir, même s’il avait lui-même remarqué le doute et les querelles naissant dans le cœur des membres de sa famille. « Comment oses-tu te présenter avec les cheveux détachés comme une simple femme ? Tu es ma femme ! Comment oses-tu me remettre en cause ainsi que mes objectifs ? » Il la jeta hors de sa tente comme il en avait le droit. Mais cela mit ses fils en colère et ils entrèrent en trombe pour l’inciter à changer d’avis. Ils le menacèrent de leur épée. Il y eut une lutte, Surric fut blessé et un de ses fils tué. Surric sortit en titubant de sa tente et s’enfonça dans les dunes. En cela, comme en toute chose, la main d’Edalirin est à l’œuvre. On y voit là comme en toute chose l’œuvre d’Edalirin.
Surric perdait du sang sur le sable. Il avança en titubant, vers l’ouest d’après lui, alors que sa famille enterrait l’un des siens et reprenait la route de l’est. Mais les bêtes du troupeau refusèrent de les suivre, bondissant de toute part, se séparant pour finir par s’enfuir en groupe de deux ou trois. Tentant désespérément de rassembler le troupeau, les fils et les femmes de la famille de Surric finirent par les abandonner pour reprendre la route par laquelle ils étaient venus. On raconte qu’ils seraient morts dans le désert. Ce que l’on sait c’est que nul ne vit plus personne portant leur nom. On y voit là comme en toute chose l’œuvre d’Edalirin.
Surric erra dans le désert durant de longs jours, tournant en rond, du moins c’est ce qu’il lui semblait. Peu à peu, le troupeau le rejoignit, se serrant contre lui la nuit pour le réchauffer. Dans sa fièvre, les brebis lui donnèrent du lait et il survécut. Lorsqu’il revint à lui, il avait changé, comme touché par la Terre Sacrée et par la main d’Edalirin.
Un matin, un rai de lumière perça le ciel vers le Sud. Curieux, Surric se dirigea rapidement dans cette direction, le troupeau à sa suite. Il arpenta les dunes encore et encore jusqu’à atteindre le sommet d’une d’entre elles et vit alors en contrebas une grande oasis à proximité d’un vaste océan. Il y avait là une splendeur dépassant ses rêves les plus fous, brillant dans la lumière du soleil. Un large siège, écarlate et azur, d’un tendre vert et de reflets dorés, reposait sur un banc de sable. Surric se laissa glisser en bas de la dune et fit le tour de cet étrange objeux lumineux. Objet qui semblait chanter comme si la lumière qui s’en dégageait composait une douce mélodie. Il se rapprocha puis s’assit sur le grand siège avec hésitation.
La main d’Eladirin toucha presque aussitôt Surric. Il sombra dans le rêve grandiose d’une cité proche de l’océan, de tribus écumant le désert, d’hommes et de femmes vouant un culte à la Terre Sacrée comme cela aurait du être depuis toujours. Nul ne sait combien de temps dura le rêve de Surric, là, dans l’oasis, entouré de son troupeau, mais lorsqu’il s’éveilla, il fut surpris de voir des tentes installées autour de ce havre dans le désert. Les nomades avaient été attirés jusqu’à l’oasis par une intense lumière qui rivalisait avec celle du soleil en pleine journée et illuminait la nuit, et ils avaient entendu Edalirin murmurer par les lèvres de Surric alors que ce dernier reposait sur le siège de lumière. Lorsque Surric se réveilla, il regarda les fidèles qui écoutaient la moindre de ses paroles comme si elles venaient d’Edalirin lui-même. Et ainsi fut-il. On y voit là comme en toute chose l’œuvre d’Edalirin.
Surric chargea les nomades de transporter le grand siège de lumière, appelé le Tar’il, et de l’emmener vers l’ouest où ils trouveraient un endroit où construire la cité qu’Edalirin destinait à montrer les grandeurs de la Terre Sacrée. Les nomades soulevèrent Tar’il et, suivis de leurs troupeaux, leurs tentes et leurs femmes, suivirent Surric dans sa quête de ce lieu de gloire. Et au septième jour de voyage, alors qu’ils passaient une dune et virent la mer en contrebas, Surric sut, comme le lui avait dit Edalirin dans son rêve, qu’il avait trouvé l’endroit où serait bâtie la cité.
Les premiers fidèles de Surric se mirent à l’oeuvre pour bâtir un palais pour abriter le Tar’il et des demeures pour eux-mêmes. La cité fut nommée Sakril, en l’honneur de Surric et des paroles saintes des dieux du désert. Avec le temps, les enfants et petits-enfants de Sakril établirent des liens commerciaux avec le désert, en parlant du Tar’il et en répandant les paroles de sagesse qu’avait prononcées Surric alors qu’il était assis sur le trône de pierre. Nombreux sont ceux qui firent le voyage pour voir cette merveille de leurs propres yeux, se convertirent et rentrèrent chez eux et dans leur ville raconter ce qu’ils avaient vu. Les habitants du désert firent le vœu de suivre Surric, d’écouter les paroles d’Edalirin et de considérer Sakril comme leur capitale. Mais Surric vieillit et il ne prit plus femme après la trahison de sa famille. Ses conseillers commencèrent à s’inquiéter. Ils savaient qu’Edalirin finirait par le rappeler à ses côtés. Qui lui succéderait comme dirigeant du peuple de la Terre Sacrée ? Qui porterait la parole d’Edalirin en s’asseyant sur le Tar’il ?
LE SECOND SURRIC
Peut-être que seul Surric avait confiance en Eldarilin pour les aider. C’est alors qu’il y eut, à cette époque, un orage en mer. Les vagues fouettèrent les côtes et la pluie battit les murs de la cité grandissante. L’orage dura plusieurs jours, et conseillers et sages de la cité finirent par se présenter, hésitants, devant un Surric vieillissant trônant sur le Tar’il. « Grand Surric, que devons-nous faire ? L’orage persiste. Le peuple a peur. »
Surric leva le regard au ciel et un rai de lumière isolé perça les nuages et la pluie pour atteindre les gemmes ornant le Tar’il, illuminant la pièce de faisceaux colorés. « Il en sera comme Edalirin le commande. », répondit-il. « Sa main œuvre sur tout. De cet orage viendra la réponse à vos craintes. Sa lignée sera couverte de gloire. N’ayez crainte. Qu’il soit annoncé au peuple que cet orage est une bénédiction. »
Les conseillers et sages transmirent la parole et les habitants de la cité furent rassurés. A l’aube du jour suivant, une foule imposante se dirigea en toute hâte vers le palais « Seigneur, seigneur ! » hurlèrent certains. « C’est un miracle ! » Les vagues avaient battu les côtes toute la nuit et au lever du soleil un pêcheur bravant le vent et la pluie trouva un jeune enfant, blotti dans une couverture aux nombreuses couleurs. C’est cet enfant que le pêcheur, accompagné de tous ceux qui l’avaient rejoint, amenait au palais.
En voyant l’enfant, Surric hocha la tête et s’assit sur le Tar’il pour la dernière fois. Il fit signe au pêcheur d’avancer et d’approcher avec l’enfant. « Écoutez la parole d’Edalirin », dit-il. « Cet enfant, qui fut amené à nous par l’orage, prendra désormais place sur ce trône et Edalirin parlera à travers lui. » Alors qu’on asseyait l’enfant sur les genoux du vieil homme, l’orage cessa. Les nuages s’écartèrent et le soleil illumina le Tar’il, plus brillant que jamais sembla-t-il aux personnes présentes. Alors que l’enfant posait la main sur les épaules du vieillard, elles s’affaissèrent et Surric ferma les yeux, passant de vie à trépas.
Alors, l’enfant prononça ses premiers mots depuis qu’il avait été trouvé. Les témoins y reconnurent la parole d’Edalirin. « Je prends désormais le nom de Surric, comme le feront tous ceux après moi. Prenez le corps de ce loyal sujet. Il rejoindra les sables et dormira désormais auprès des dieux. » Ainsi, la main d’Edalirin avait choisi celui qui monterait sur le Tar’il, et il en fut toujours ainsi depuis lors.
La disparition du Dieu Soleil.
Cela faisait plusieurs années que le Surric actuel avait pris place sur le trône de pouvoir pour diriger l’empire sakoien. Il avait guidé la Nation d’une main ferme et avait incité le peuple à se développer, à explorer et à innover. Sa culture était à l’apogée et le peuple s’en était réjoui.
Au début de l’an 3186, son Éminence fut retrouvée morte dans sa chambre, à Sakril, dans des circonstances mystérieuses. Le conseil, que le Surric avait investi de son savoir et en lequel il avait toute confiance, se réunit pour décider des mesures à prendre face à une nouvelle si démoralisante. Le Surric était mort sans avoir nommé son successeur et même si le secret fut gardé pendant une longue période, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne soit découvert.
Le peuple s’indigna que le conseil ait pu garder un tel événement sans les avertir et de nombreuses révoltes spontanées éclatèrent dans tout l’empire. Des centaines de personnes vinrent se présenter comme le nouveau Surric et le chaos se répandit dans les rues. Les prières de ceux qui imploraient Edalirin d’intervenir s’élevèrent, l’informant que le sang du Surric s’était asséché et qu’un nouveau Surric devait être désigné. Le conseil tel qu’on le connaissait prit fin dans le chaos qui s’ensuivit et une forme d’État anarchique se mit en place dans le pays.
Des groupes de bandits opportunistes et des voleurs de tout le désert commencèrent à attaquer les villes désormais sans défense alors que les prêtres faisaient le tour des villages pour prêcher un nouvel évangile. Ils annonçaient au peuple qu’Edalirin était en colère contre eux et avait abandonné son peuple. La plupart renièrent ces dires, mais certains commencèrent à supplier ces prêtres d’obtenir le pardon d’Edalirin et donnèrent tous les biens de valeur qu’ils possédaient aux Eglises de ces prêtres.
Les attaques devinrent de plus en plus importantes au fur et à mesure que l’influence de ces mystérieux prophètes grandissait, et de nombreux citoyens les soupçonnèrent d’employer voleurs et assassins avec ces dons. Le peuple établit un nouveau gouvernement chargé de veiller sur eux en attendant le retour du Surric...
Le conseil des Quatre.
Chacune des grandes castes de l’empire sakoien nomma leur dirigeant pour former un gouvernement de fortune. Le Grand Maître de Vol-Tarn superviserait toutes les décisions humanitaires et religieuses de l’empire, l’Asbaar recruterait une armée pour défendre le peuple et officierait comme leur nouveau Commandant Suprême, le Lan-Kor recruterait secrètement des agents pour traquer et trouver ces prêtres, bandits et autres ennemis du peuple sakoien, et le Lorelay Suprême serait désormais considéré comme le Conseiller et le gouverneur de toute la nation.
Ce nouveau gouvernement fut mis en place rapidement et un peu précipitamment, mais l’ombre qui planait sur les Empreintes de Sako s’estompa peu à peu. L’armée avait mis en déroute la plupart des bandits du désert, on n’entendit plus parler de l’ « œil aveugle », et les mystérieux prêtres avaient presque tous été jugés et exécutés publiquement. La nouvelle menace ne vint plus du peuple, de sa religion ou même des bandits, mais de son propre gouvernement. Les nouveaux dirigeants s’élevèrent et tombèrent rapidement, chacun essayant de renforcer sa position dans le gouvernement et certain se proclamant même comme étant LE nouveau Surric. L’économie en souffrit et de nombreux accords commerciaux furent compromis sans que personne ne s’en inquiète. Le nouveau Conseil des quatre grandes castes savait que s’il n’agissait pas rapidement, il ne pourrait plus le faire ensuite, et la recherche du prochain Surric débuta.
La recherche du Surric.
Après la mort de la famille du précédent Surric dans une tempête de sable alors qu’ils étaient en route pour Sakril peu après la mort du Surric, l’empire sakoien sombra dans le chaos. L’assemblée des dirigeants en lutte décida de contenir leur peur et de se mettre à la recherche d’un nouveau Surric, mais ils rencontrèrent de nombreuses difficultés au sein même de leur gouvernement.
Se présentant les uns après les autres, des centaines de personnes se présentèrent comme étant le nouveau Surric. Alors que le Conseil tentait de discerner la vérité derrière chacun des prétendants, ils furent confrontés à des civils, ayant chacun élu leur prétendant et le soutenant, laissant le conseil dans un désarroi encore plus grand. Il fut alors décidé de mettre en place une série de tests que passerait chaque prétendant, tuant ou bannissant ceux qui y échoueraient.
Le peuple prit cet acte comme une mesure draconienne et craignait qu’ils ne deviennent des tyrans. La foi du peuple se tourna alors exclusivement vers la caste religieuse, menée par un homme qui se faisait appeler le Surric. Cet homme déclina l’une après l’autre les convocations aux tests et offrit même sa protection aux usurpateurs qui avaient échoué dans leur tentative de se faire passer pour le Surric.
Le temps passa et les citoyens commencèrent même à éprouver de l’affection pour ce personnage. Leurs constantes querelles pour savoir qui avait élu le véritable Surric parmi les usurpateurs commencèrent même à s’estomper, amenant le Conseil à se demander s’il n’était pas réellement celui qu’ils recherchaient si ardemment.
Cet homme fut testé peu après et devint le nouveau dirigeant des terres sacrées. Mais cette nomination ne mit toutefois pas fin au chaos et un nouvel obstacle balaya le grand désert. Le dirigeant que le peuple avait choisi se révéla être le plus grand ennemi que l’Empire ait jamais connu…
Le Tyran.
La transition fut immédiate. Peu après son intronisation, de nombreux soldats furent évincés de l’armée et remplacés par de nouvelles recrues. Une grande partie des anciens serviteurs du Tar’il furent renvoyés pour être remplacés par un nouveau ministère issu de son entourage.
Il fit saisir toutes les ressources de l’empire, fit arrêter tous ceux qui osaient s’opposer à lui et mit fin à ce que les Sakoiens préféraient par-dessus tout, le commerce. Il augmenta les taxes sur les routes commerciales et fixa des prix toujours plus élevés sur les ressources sakoiennes qui se faisaient de plus en plus rares. Alors que les autres cultures n’avaient d’autres choix que de payer ces prix exorbitants, elles arrêtèrent toute exportation de ressources vers l’empire et les marchands du grand désert perdirent progressivement leur emploi.
Bien que leurs rêves semblaient anéantis et que la terreur s’installa pendant près de deux ans, le peuple ne perdit pas espoir. Un groupe de nomades du désert, constitué en grande partie de ceux qui furent bannis de l’empire, riposta. Ils fournirent des denrées et des vêtements à ceux qui étaient dans le besoin et incitèrent même ceux qui le désiraient à rejoindre leurs rangs.
Cela ne fut cependant pas suffisant et le grand tyran sur le trône se lança bientôt dans une guerre personnelle contre ce groupe, capturant et tuant la plupart d’entre eux.
Tout Sakoia semblait être sous l’emprise de cet âge sombre, et seule une lueur d’espoir subsistait encore quelque part au loin…
Le sauveur.
Il y eut une sombre nuit orageuse, événement plutôt rare dans ces contrées du désert sakoien. La rumeur de la récente rébellion du Selue se répandit dans tout le désert comme une traînée de poudre. Nombreux sont ceux qui crurent que c’était le jour de leur libération.
C’est quelques heures à peine après la rébellion du Selue que l’annonce de la chute de Daular arriva jusqu’à la capitale. Des centaines de gardes furent réquisitionnés et armés pour défendre la capitale, et l’actuel Surric força de nombreux jeunes gens à défendre la cité.
Tout comme pour le second Surric, cet orage fut l’annonce du retour de leur roi. Un jeune garçon d’à peine 17 ans était à la tête de la colonne de soldats en marche vers la capitale, et la plus grande bataille que connut l’histoire sakoienne débuta.
Ils combattaient depuis près de trois heures sans qu’aucune issue ne semble possible lorsque le jeune homme, connu sous le nom de Seth, se fraya un chemin jusqu’au palais pour y chercher le Surric en personne. L’orage devenait d’autant plus violent que la bataille faisait rage, semblait-il, et ce n’est qu’en voyant leurs commandants se battre sur l’un des balcons du palais que les combats commencèrent à se calmer.
Seth était tombé et le Surric s’apprêtait à le tuer. Il leva haut dans les airs sa rapière et se préparait à la plonger dans le cœur du jeune homme lorsqu’Edalirin montra sa volonté éternelle à tous les spectateurs de Sakril.
La foudre s’était abattue à plusieurs reprises dans la cité durant la bataille. Un de ces éclairs s’abattit sur une maison voisine du balcon, projetant des éclats de pierre, faisant vaciller l’homme et donnant ainsi à Seth l’opportunité de porter le coup fatal.
D’un simple geste la guerre prit fin, et l’empire sakoien fut à nouveau sous le contrôle d’un roi légitime. Nombreux sont ceux qui doutèrent que le jeune voleur ait le cran nécessaire pour ramener l’empire à sa prospérité d’antan, mais c’est pourtant ce qu’il fit avec le temps et l’aide de son ministère.
Les routes commerciales furent rétablies, beaucoup de citoyens rentrèrent enfin chez eux et reprirent leur travail, et l’empire connut à nouveau la paix qu’Edalirin avait tant voulue pour eux. Seth fut officiellement rebaptisé Surric environ une semaine après, faisant de lui le premier Surric de l’histoire de Sakoian à en avoir reçu le titre. Et les Sakoiens se réjouirent de leur liberté retrouvée.
La plus grande tâche n’était cependant pas de remporter la guerre. La plus grande tâche pour le nouveau gouvernement était de rendre à l’empire ravagé par la guerre son ancienne gloire, tâche que beaucoup pensent impossible encore aujourd’hui.