Le peuple du désert sait qu’il vit sur la Terre Sacrée. Il n’est pas donné à tous de vivre là, car la vie dans le désert est rude. Même si les terres sacrées sont ouvertes aux étrangers prouvant leur valeur, le peuple est constamment mis à l’épreuve et ceux qui échouent en meurent. Depuis toujours, les dieux et le désert sont intimement liés. Les Sakoiens constituent un peuple dévoué, toujours conscient de l’œuvre d’Edalirin et toujours prêt à montrer leur foi en Sa volonté. Dans la plupart des cités sakoiennes, le dévot marche nu-pieds pour montrer son respect envers la Terre Sacrée et la volonté d’Edalirin.
Les enfants reçoivent un enseignement basé sur l’exemple. Les parents s’impliquent énormément à enseigner à leurs enfants les coutumes des Terres Sacrées, ainsi que les corvées et les tâches qui leur incombent pour y vivre. Lorsque les enfants atteignent leur Kar’Tulor ou puberté, ils deviennent adolescents. Ils sont amenés devant le village ou la tribu et sont présentés comme adultes lors d’une cérémonie durant laquelle le jeune adulte partage l’eau avec les honorables anciens. À partir de ce moment, ils ne vivent plus sous le toit de leurs parents et doivent apporter quelque chose à la communauté, subvenir à leurs besoins et suivre la parole d’Edalirin en toute circonstance.
Un enfant doit prêter serment lors de son Kar’Tulor à l’une des nombreuses voies qui s’offrent à lui. Des castes organisées ont pour but de former les citoyens à leur vie future. Chaque caste, certaines étant plus petites que d’autres, a ses propres objectifs. Inutile de préciser que chacune d’entre elles suit la parole d’Edalirin et que la plupart d’entre elles sont en fait dirigées par une personnalité religieuse importante. Même les militaires ont des liens très forts avec le désert sacré et Edalirin.
Les Sakoiens respectent l’utilisation de l’eau dans leur vie quotidienne. Ils comprennent que sans eau, nul ne pourrait vivre dans le désert. De nombreux Sakoiens utilisent quotidiennement leur salive pour sceller un accord. Dans les cités, le fait de cracher sur le Sol Sacré et d’écraser le crachat de l’autre est considéré comme un pacte. L’eau est aussi offerte comme une bénédiction aux voyageurs ou aux étrangers. Un étranger est honoré comme un ami et on lui offre à boire et à manger à son arrivée, à moins qu’il ne soit reconnu comme un ennemi.
Tout comme au temps du premier Surric, le commerce est primordial dans la vie sakoienne. Un fils du désert ne verra aucune objection à discuter pendant des heures du prix d’une bête de valeur ou du travail d’un artisan. C’est cette connaissance du coût et du prix des choses qui fait des Sakoiens des marchands rusés et respectés jusque dans les pays lointains. Les bazars, tenus hebdomadairement, sont l’une des grandes joies de la vie d’un Sakoien.
Ceux du désert s’efforcent chaque jour d’être meilleurs et sont rarement oisifs. Ils apprécient beaucoup les ornements et les fins mets. De nombreux Sakoiens se vouent à l’extraction des riches minerais et métaux du sol ainsi qu’à la taille des pierres en joyaux pour orner aussi bien les hommes que les femmes. D’autres utilisent la laine des troupeaux et les teintures des plantes pour fabriquer des vêtements ou des tapisseries colorés. Des chasses sont parfois organisées par le Prêtre du territoire pour organiser de grands banquets et en faire profiter ainsi les Sakoiens, mais les personnes prises à chasser ces rares créatures exotiques sans la permission du chef de leur caste en paieront sérieusement les conséquences.
Depuis l’époque du premier Surric, celui qui s’assoit sur le Tar’il est considéré comme le Shiaq, le Dieu Soleil. Il parle au nom d’Edalirin. Les paroles du Surric passent après la parole d’Edalirin lui-même, mais Dieu ne s’adresse que très rarement au voyageur commun. Chaque jour, quand le soleil est à son zénith, les Sakoiens se reposent une heure pour communier avec leurs pensées, se souvenir des paroles d’Edalirin et du Surric et pour décider de leur voie pour le reste de la journée à venir.